Construire une autre politique d’asile 1


Chaque semaine sur ma page FB depuis le mois d’août et jusqu’aux élections fédérales, je poste une proposition hebdomadaire. Cette semaine j’ai décidé de la publier aussi sur mon blog, afin de l’étayer quelque peu.

La thématique concerne la politique d’asile de la Suisse, et oui, comment y échapper? Surtout comment en parler sans tomber dans l’émotionnel, avec d’un côté la peur de l’autre, les moutons noirs, les murs de barbelés, et de l’autre la photo de l’enfant mort sur la plage. Aujourd’hui c’est l’émotion qui commande, mais notre rôle est de faire des propositions réalistes et humaines.

Ma proposition cette semaine est de construire une autre politique d’asile.

A court terme, nous devons remettre à plat les conditions d’accueil des réfugiés dans le contexte exceptionnel dans lequel nous sommes: un exode massif de population fuyant une guerre effroyable en Syrie-Irak. Il s’agit de ne pas accepter que des milliers de personnes meurent en mer, dans des camions, etc.

Il s’agit aussi d’accepter que les conventions internationales nous obligent à accueillir une personne cherchant un refuge car son pays est en guerre, ou qu’un régime le menace dans son intégrité physique, pour, entre autres, des raisons politiques, d’appartenance ethnique ou encore de religion.

Le Conseil fédéral a accepté l’arrivée de 5’000 réfugiés venant de Syrie. Or, à ce jour, seules quelques dizaines de syriens nous ont rejoint. Il faut accélérer le processus.

Il faut aussi mettre à la même table lors d’état généraux des politiques, des responsables économiques, des ONG et autres associations, pour évaluer de manière réaliste le nombre de demandeurs que nous pouvons recevoir, et revoir bien entendu ce chiffre de 5’000 personnes à la hausse. Nous sommes loin encore aujourd’hui des chiffres des années 80 avec l’arrivée de réfugiés provenant du Sri Lanka (principalement d’origine tamoule) et des années 80-90 des réfugiés de l’ancienne Yougoslavie.

Notre pays a la force – économique, politique, de générosité, et humanitaire – d’accueillir plus de réfugiés. Soyons un exemple pour les pays qui nous entourent (de la même manière que Mme Merkel l’est aussi ces dernières semaines).

Puis modifions aussi notre politique d’accueil en termes d’intégration. Il faut mettre en place une procédure plus rapide d’acceptation ou non du statut de requérant d’asile.  Changeons aussi les modalités de l’asile: intégrons-les rapidement (même si une décision négative devait arriver plus tard). Quelques exemples:

  • Les requérants d’asile devraient avoir la possibilité de suivre des cours de langue (français, allemand ou italien selon le canton) au plus vite.
  • Les requérants devraient pouvoir travailler et recevoir un salaire. Notre économie, comme celle de l’Allemagne a besoin de cette main d’oeuvre.
  • Il faut permettre ce qu’on appelle le couchsurfing. De nombreux volontaires veuillent accueillir des requérants chez eux dans leur maison. Quelle meilleure politique d’intégration?!

Aussi, à côté, nous devons absolument financer tous les projets de bateaux qui patrouillent en mer Méditerranée pour porter secours aux embarcations, souvent surchargées.

Voici quelques idées, il y a beaucoup de projets actuellement sur lesquels il faut réfléchir rapidement à travers, je le répète, une grande conférence, des états-généraux à mettre rapidement en place.


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Commentaire sur “Construire une autre politique d’asile

  • Roza markovic

    Salut Manuel,
    Je viens de lire ton article/avec un g. retard/ et suis entiérement d accord avec toi.
    Suis au milieu d asile et immigration / comme lnterprète et journaliste/il y a plus que 15 ans que je bosse avec les migrants et j estime qu on peut ,avec une reflexion plus profond trouver et fixer un point pour la suite.
    Que penses tu?
    Bonne dimanche
    Roza