Electrosanne: un festival pour les jeunes


Voici le texte de l’interpellation déposée par Manuel Donzé, député PDC, le 27 octobre 2015:

Le 13 octobre 2015, l’Association Fayabash, fondatrice du festival Electrosanne, annonçait dans un communiqué la fin prématurée de ce festival. Electrosanne, festival de musiques électroniques, avait été créé en 2006 et fêtait cette année son dixième anniversaire.

Ce festival fonctionne depuis 2009 sur le modèle suivant: 2 scènes open air, sur la place Centrale et sur la place de l’Europe à Lausanne, et dans des clubs partenaires, tels que le D!, la Ruche, Le Romandie et le Bourg.

Ces deux dernières années, le festival a connu un très grand succès, avec une affluence annuelle d’environ 30’000 personnes sur l’ensemble du festival.

Le rayonnement de ce festival ne s’étend pas uniquement à Lausanne, mais dans tout le canton de Vaud, et en Suisse – par exemple, cette année il a reçu le prix de Best Big Event au Swiss Nightlife Award. Aussi, au niveau international, le festival a eu une très large couverture médiatique.

Le festival fait appel aussi à de nombreux artistes suisses, qui ont la possibilité de s’exprimer dans le cadre d’un festival international, ce qui leur offre une promotion incomparable.

Plus de 250 bénévoles travaillent pour ce festival durant le pic des activités.

Le festival offre aussi des expositions, une médiation culturelle en promouvant la musique électronique auprès d’enfants qui peuvent ainsi assister et participer au processus de création et de diffusion de cette musique, et des ateliers pour les jeunes.

Pour finir, ce festival offre des tarifs très compétitifs, comparativement aux autres festivals, avec un prix d’entrée compris entre CHF 20 et CHF 30 la soirée, ce qui permet aux jeunes d’y accéder.

Le Conseil d’Etat, à travers le service des affaires culturelles, subventionne des domaines culturels variés, théâtre, danse, cinéma, beau-arts, littérature et la musique.

Les subventions cantonales reposent sur la base de la Loi sur la vie culturelle et la création artistique (LCVA). Le but de cette loi est d’»encourager et de soutenir la vie culturelle et la création artistique dans leur diversité, en tant qu’activités essentielles, signifiantes et prospectives, d’une société démocratiquement organisée et socialement développée et en tant qu’expressions d’un héritage collectif de la communauté» (art 1 al.1 LCVA). La loi «vise aussi à favoriser l’accès et la participation à la culture» (art 1 al.2 LCVA).

Dans le domaine de la musique, un certain nombre de festivals et de salles de concerts sont subventionnés, comme les Docks, le Festival Metropop, le Bourg, le Romandie, le festival Pully for Noise, le Cully Jazz Festival, etc.

Nous notons qu’Electrosanne ne figure pas dans ce listing. Le festival n’a pour ainsi dire jamais reçu de subventions cantonales (une exception de CHF 2’000 une année), ni de soutien logistique.

De la part de la ville de Lausanne, le festival a reçu une subvention en 2015 de CHF 30’000 sur un budget total d’environ CHF 600’000. L’organisation a dû rétrocéder pour environ CHF 10’000 de factures diverses (électricité, terrain, etc.) et de la taxe sur les divertissements pour un montant supérieur à la subvention. Sur le plan communal, le festival est donc plus contributeur que receveur.

De même, nous pouvons aussi relever que la musique électronique ne figure pas dans la liste des projets culturels subventionnés (ou seulement à travers des salles de concerts ou festivals qui en programment «à petite dose».).

Dans le communiqué de presse du festival, il est évoqué, comme argument sur le fait que l’association soit obligée d’arrêter ce festival, le peu de soutien de la part des autorités, en comparaison, et je le cite, aux «subventions colossales» que recevraient d’autres institutions culturelles.

Le Groupe PDC-Vaud Libre est aussi soucieux de la pacification des nuits lausannoises, et nous estimons qu’il est certainement préférable de canaliser une partie de la jeunesse dans le cadre d’un festival, fermé, régulé, comprenant un service d’ordre. Il est à noter aussi que le festival n’a jamais connu de gros problèmes de sécurité, de «faits divers». Le journal 24Heures a parlé de ce festival comme un exemple en matière de sécurité.

Au vu de ces différents constats, nous posons au Conseil d’Etat les questions suivantes:

  1. Etant donné la LCVA, ce festival rencontrait à notre avis tous les critères pour recevoir une subvention. Quels ont été les critères pour ne pas accorder de subvention au festival Electrosanne?
  1. Etant donné l’engouement des jeunes et moins jeunes pour la musique électronique, plus largement, quelle place est donnée à celle-ci dans le cadre des subventions cantonales?
  1. Que pense le Conseil d’Etat sur le rôle de ce festival dans la pacification des nuits lausannoises, et pourquoi n’encourage-t-il pas justement ce type de manifestation?
  1. Dans le cadre de ce type de manifestation culturelle, quelle analyse fait le Conseil d’Etat  de la coordination avec les services culturels des différentes communes? En d’autres termes, il a été relevé dans nos différentes discussions avec des responsables de manifestations culturelles que très souvent celles-ci touchaient une subvention cantonale uniquement si elles en touchaient une communale, afin d’acquérir une certaine légitimité, est-ce le cas?

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