Nos propositions économiques pour la Suisse


voici mon texte présenté à la conférence de presse du PDC Vaud, tenue le mardi 15 septembre, présentant nos principales propositions économiques (défiscalisation des investissements dans les start-up, fonds souverain, etc.)

Constat:

Nous sentons une véritable inquiétude de la part des suisses sur l’emploi. Cette inquiétude s’est accentuée depuis l’adoption de l’initiative sur l’immigration de masse, et  aussi avec l’abandon du taux plancher par la BNS.

Nous sommes à la fois menacés par une pénurie de main d’oeuvre dans certains secteurs, et dans d’autres, le nombre d’entreprises se délocalisant à l’étranger risque d’augmenter.

Les chiffres du chômage sont loin d’être mauvais, il est vrai d’après les chiffres du SECO: à 3.2% en août, nous sommes bien en-dessous de la moyenne européenne. Mais certains indices nous disent que des tendances négatives pourraient se dessiner ces prochains mois:

  • le chômage des jeunes a augmenté de +6.4% par rapport à l’année passée
  • Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits a lui augmenté de 7,1% toujours par rapport au mois d’août 2014.
  • Entre 2010 et 2015, plus de 180’000 chômeurs se sont retrouvés en fin de droit, et donc n’apparaissent plus dans les statistiques du chômage.

Principe:

Le PDC est attaché à défendre une place économique suisse forte. La réforme de l’imposition des entreprises est un élément important dans le maintien de notre croissance et une très nette amélioration pour les petites et moyennes entreprises. Nous sommes aussi attachés à la liberté d’entreprise. Aujourd’hui pour améliorer notre compétitivité, il est nécessaire aussi de penser aux futures entreprises qui feront la Suisse de demain.

Beaucoup est fait en Suisse sur les entreprises clean tech, biotech, etc., liées aux domaines que couvre l’EPFL. Mais nous nous rendons compte que cela n’est pas suffisant, qu’il y a aussi un potentiel pour avoir des nouveaux Nestlé, Adecco, etc. Et l’Etat via l’arme fiscale et via des fonds d’investissement peut contribuer à cette éclosion.

Nous avons notamment trois idées très fortes à ce sujet, que j’aimerais exposer ici:

Solutions:

Les start-up ne seront pas touchées par la RIE 3, car au départ elles ne génèrent généralement pas de bénéfice. Nous avons comparé les conditions existant à l’étranger et nous constatons qu’il y a une inégalité fiscale avec par exemple les start-up de certains pays européens, qu’il s’agit de combler.

Il y a quelques années, lorsque je recherchais des investisseurs pour faire grandir ma jeune entreprise, des français voulaient rentrer dans celle-ci uniquement si je créais une holding en France, et ceci pour des raisons fiscales, plus favorables à ce niveau en France. Etonnant quand même de prime abord quand les conditions pour créer des entreprises sont plus favorables dans un pays comme la France!

C’est pourquoi nous avons une proposition très importante pour rester compétitif à ce niveau: il s’agit de défiscaliser les investissements à hauteur de 50’000.- dans des jeunes entreprises (moins de 5 ans). Généralement, les premiers investissements dans une entreprise, un commerce, ou autre, en création proviennent des créateurs ou des friends & family. Il s’agit ici de permettre à ces entrepreneurs d’avoir un gain fiscal sur ces premiers investissements qui seraient déductibles des impôts.

Cette mesure entraînera, nous le pensons, un grand boom d’investissements dans de jeunes entreprises, qui sont la garantie pour notre croissance future.

Une autre mesure que nous demandons est la création de fonds d’investissement, à deux étages:

Au niveau fédéral,

la création d’un fonds souverain est une solution très intéressante, idée déjà lancée il y a quelques temps par notre président Darbellay. Ce fonds souverain, au contraire de certains, devrait servir d’abord à l’économie suisse, directement à travers des prises de participation dans des entreprises prometteuses, et indirectement dans des entreprises étrangères à forte valeur ajoutée, à la manière du fond souverain norvégien.

Une partie des réserves de la BNS constituerait la principale source de financement de ce fonds souverain.

Aujourd’hui il faut relever que les obligations liés à des pays comme la France ou l’Espagne ne sont pas plus sûres que les actions de grandes entreprises comme Nestlé. Et le rendement de celles-ci sont bien meilleures que ces obligations d’Etat. Nous estimons que les conditions aujourd’hui sont réunies. Et nous voulons relancer ce débat lors de ces élections.

Je cite Stéphane Garelli, professeur à l’IMD: «il n’est pas possible de continuer à avoir plus de 530 milliards de francs d’argent parqué à quelque part et qui ne fait rien ».»

Au niveau cantonal,

Aujourd’hui nous le savons, le système bancaire aujourd’hui n’investit plus assez dans l’économie réelle et l’Etat doit s’engager plus en compensant les faiblesses des structures actuelles. Le Canton, en tant qu’actionnaire de référence de la BCV doit demander à celle-ci la création d’un fonds d’investissement dans les jeunes entreprises, et doit exiger des conditions plus souples en termes de crédit bancaire pour les PME du Canton.Cette structure interne fonctionnera avec un personnel qualifié sur ces questions de start-up et la banque mettra à disposition un fonds qu’elle utilisera pour prêter de manière intelligente à des start-up qui en ont besoin! Il en va de notre croissance! La BCV doit financer l’innovation dans notre canton, à travers des prêts à court, moyen et long terme, mais aussi en investissant en fonds propres, pour accompagner ces jeunes entreprises tout au long de leur développement, et non pas seulement quand elles se nommeront Nestlé ou Kudelski.

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